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"A en croire l’UMP et le MEDEF, le coût du travail en France serait trop élevé, en raison des cotisations sociales qui financent précisément la sécurité sociale et les retraites. Ils avancent toujours le même argument : augmenter les cotisations sociales, c’est accroitre le coût du travail et donc provoquer la disparition massive d’emplois. Ce qu’ils oublient de dire, c’est que la crise économique qui a fait perdre 30 milliards d’euros à la sécurité sociale et a entrainé en 2009 la disparition de 337 000 emplois dans le secteur privé. Nous considérons pour notre part que la politique du gouvernement en matière d’emploi, c’est-à-dire la carte blanche laissée au patronat, la suppression de toutes les mesures collectives de protection en matière d’emploi, est délétère pour le financement de la sécurité sociale.

 

D’ailleurs, les gouvernements de droite qui se succèdent ne cessent de multiplier les mesures d’exonérations de cotisations sociales accordées aux employeurs sans aucune contrepartie, notamment pour ce qui est de la qualité de l’emploi. Les entreprises bénéficient de 120 milliards d’euros d’exonérations fiscales et sociales. A ce stade, il faut rappeler une réalité que le gouvernement voudrait éluder. Ce ne sont pas les cotisations sociales qui sont néfastes pour le maintien de l’emploi, mais l’appétit vorace des financiers et des spéculateurs. Selon la Commission européenne, c’est dire que la source d’information est fiable, la part des salaires dans la valeur ajoutée a chuté en France de 9,3 % entre 1983 et 2006 – soit l’équivalent de près de 100 milliards d’euros par an qui profitent au capital plutôt qu’au travail – tandis que sur la même période, la part des dividendes versés aux actionnaires grimpait de 3,2 % à 8,5 % du PIB et de 5 % à 25 % de la valeur ajoutée.

 

Aujourd’hui le volume des cotisations sociales représente 15 % de la valeur ajoutée des entreprises c’est-à-dire deux fois moins que la part des prélèvements dédiés à la finance qui atteignent les 29 %. L’argument selon lequel il n’y aurait pas d’autre solution n’est en fait qu’un mensonge destiné à épargner les plus riches. N’oublions pas que ce gouvernement est celui qui a créé le bouclier fiscal, mesure qui permet à des personnes très fortunées de payer en proportion moins d’impôts qu’un couple de cadres. "

 

Extrait de la chronique de Guy FISCHER, Sénateur du Rhône dans la Lettre du Cidefe du 15 octobre 2010

Tag(s) : #Actualités

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