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Madame, Monsieur,

Je voudrais m'adresser à vous au sujet du projet de centrale à enrobés qui entre dans le cadre du développement de la zone industrielle du port et qui est actuellement soumis à enquête publique.

Je comprends les inquiétudes, mais contrairement à ce que certains font croire, soit par méconnaissance, soit par mauvaise foi, soit par volonté de nuire, ou soit par récupération à des fins politiciennes, rien n'a été fait en catimini.

En effet, déjà dans le mensuel municipal "Horizon" de la rentrée de 2010, la municipalité évoquait sans ambiguïté, le projet de ces deux centrales avec photos et explications sur le développement de la zone industrielle du port. Il en a été ainsi à chaque occasion, notamment lors des Conseils Municipaux, des inaugurations et des réunions avec les riverains, et particulièrement l’année dernière, lorsque nous avons subi les graves et incontestables nuisances provoquées par l’installation de la centrale mobile.

Sur ce sujet, nous avions alors expliqué la différence entre une centrale mobile provisoire pour un chantier précis (il s'agissait dans ce cas des travaux de l'A4) et une centrale fixe qui elle, est un véritable établissement industriel soumis à enquête publique et à une réglementation bien plus stricte.

Vous devez savoir que pour ces deux projets, rien n'est encore décidé.

Tout se fait actuellement dans le cadre légal et très transparent d'une enquête publique sous l'autorité du Préfet, représentant de l'Etat, comme il se doit pour toute installation d’un projet industriel.

J'ai un profond respect pour les inquiétudes d'un grand nombre d'entre vous et c’est pour cela que j'ai immédiatement et à plusieurs reprises, rencontré les riverains et le Collectif de Défense qui porte les revendications contre la centrale.

En total accord avec celui-ci, nous avions convenu qu'à l'occasion du rassemblement prévu le mercredi 14 décembre, les délégués puissent prendre la parole lors d’une suspension de la séance du Conseil Municipal, afin de pouvoir s’exprimer et échanger librement avec l’assemblée délibérante.

Ce fut une remarquable et exceptionnelle manifestation de démocratie participative et citoyenne. Une centaine de personnes a pu, durant une heure, faire part de ses sentiments et cela, dans une atmosphère de respect et d'attention mutuels.

Je tiens d’ailleurs à remercier le collectif de riverains qui l'a permis et qui a fait une mise au point sur ce dossier par un communiqué dans les pages du RL  afin de répondre à ceux qui voudraient s'en servir de façon malveillante ou à des fins de calculs politiciens.

Le Collectif était informé qu’il n'était pas prévu que le Conseil Municipal délibère à ce sujet ce soir là, puisque j’avais sollicité expressément le Préfet pour qu’une prolongation du délai de l'enquête publique soit accordée afin de permettre à chacun, qu'il s'agisse des conseillers municipaux, du commissaire enquêteur, des services de l'Etat (DREAL), des industriels, ainsi que des riverains et de l'ensemble de nos concitoyens, de prendre le temps de s'exprimer, de s'informer, de juger et d'avoir un avis éclairé.

Les enjeux de ce dossier me semblaient suffisamment importants pour le demander.

Il en va du fonctionnement républicain auquel je suis légalement tenu et de toute façon farouchement attaché.

Il en est aussi de la conception de la citoyenneté que j'ai à coeur de développer dans les responsabilités que vous m'avez confiées.

C'est dans cet esprit et dans les délais légaux que le Conseil Municipal donnera son avis.

Je ne  prendrai mes responsabilités ni dans l'émotion, ni sous la pression, encore moins par crainte de récupération politique ou sous quelque action irrespectueuse de l'ordre républicain que ce soit.

Cela étant, je tiens à apporter quelques précisions sur le fond du dossier :

Il aura fallu de longues années de travail pour que (dans le cadre du SIEAFI, syndicat regroupant les Communes de Talange, Hagondange, Maizières-Lès-Metz, Marange-Silvange), nous réussissions à requalifier ces 60 hectares de friches.

La sidérurgie, qui à cette époque ne s'embarrassait malheureusement pas de préoccupations écologiques, nous a laissé des terres polluées de plomb, mercure, arsenic, etc.

Le SIEAFI a soutenu cette dépollution qui a été mise en œuvre par la Société ZIP, dont le siège est à Talange, et qui a été saluée par tous.

Le développement de la zone a été financé par l'Etat dans l'esprit des Grenelles I et II  de l'Environnement avec, dans le cadre du Plan de Relance, la première subvention du pays en provenance de l'ADEME.

Le projet phare consiste non seulement en la réalisation d'une plateforme industrielle tri-modale (canal / voies ferrées / accès autoroutier), mais, surtout au développement de l'industrie dans le respect des règles environnementales.

Concernant la centrale LRAL plus précisément, l'industriel est engagé dans un projet de centrale de nouvelle génération, tout à fait différent des centrales de Hauconcourt et de Mondelange, par exemple. En effet, le bâtiment où se trouvera la centrale est prévu complètement confiné et pressurisé, ce qui, nous affirme-t-on, évitera les nuisances liées aux odeurs.

Reste bien-sûr à le vérifier...et à être vigilant.

Les rejets (carbone, azote et soufre) sont du même type que ceux qui sortent d'un pot d'échappement de voiture.

Reste à en mesurer la quantité et l'impact...

Les communes voisines ont émis leurs avis, ou vont les émettre, pour les centrales en projet sur cette zone.

Ces avis sont allés ou iront dans le sens suivant : soit favorable pour une centrale et défavorable pour la deuxième, soit simplement réservé pour l'une ou l'autre, voire les deux.

Mais ces avis, comme cela avait été débattu dans le cadre du SIEAFI, étaient liés à la proximité avec la Voie Romaine (RD112F) et à la quantité de camions qui emprunteraient  cette route à proximité des bans communaux d'Amnéville, de Maizières-Lès-Metz et de Marange-Silvange.

Ceci étant, il a été intégré le fait que son dédoublement serait effectué à compter de 2012 et, il faut bien le dire, à ce niveau, les communes de Talange et Hagondange ne sont pas concernées par cette préoccupation.

A la question, « pourquoi tant de centrales dans le secteur ? »

C'est au Préfet d’y répondre. C'est effectivement à son niveau qu'incombe de juger des quantités nécessaires en terme d'approvisionnement d'enrobés pour notre Région.

La Municipalité a été surprise par les craintes qui se sont exprimées.

Mais, elle n’est restée sourde ni à ces craintes, ni à la volonté du Collectif de Défense d'abandonner ce projet.

En tant que Maire, j’ai une double responsabilité.

Celle du développement économique du territoire et en particulier de cette zone qui a fait l’objet de subventions publiques, ET celle de la santé publique et du bien-être de mes concitoyens.

Ainsi, d’un point de vue économique, il ne s'agit pas tant de la quinzaine d'emplois directs créés par la centrale, mais ce qui est en question c'est l'avenir même du développement de cette zone et des plus de 200 emplois industriels directs qui en découleront.

D’un point de vue environnemental et bien-être, il est entendu que cela doit être analysé non seulement d'un point de vue objectif, mais aussi à partir du ressenti que peuvent exprimer les personnes concernées.

Mon rôle dans le cadre d'une enquête publique, est de faire vivre le débat et de m’assurer que les réponses aux préoccupations soient sincères et vérifiables. Cela consiste entre autre àaller au bout de la procédure et de laisser s'exprimer TOUS les avis.

Ainsi, j'organiserai prochainement une rencontre avec le Collectif et les industriels ainsi qu'avec des spécialistes indépendants.

Je m'assurerai que le débat ne soit pas faussé et que toutes les questions obtiennent des réponses.

Je ferai en sorte que ces réponses soient validées par les ingénieurs de la DREAL et/ou les spécialistes indépendants.

Chacun se fera ainsi une idée juste du problème et des enjeux.

Je ne peux laisser dire et penser qu’avec le SIEAFI, nous nous serions engagés dans une telle démarche de développement sans un maximum de précaution et de vigilance à l'égard des demandes des industriels tout en oubliant celles de nos populations !

Mais aujourd'hui, les choses sont différentes.

L'expression des désaccords est incontestablement très forte.

Il y a donc une exigence à aller, sans aucun a priori, au bout des questionnements et de ce qui est ressenti par un grand nombre d'entre vous.

C'est bien ce que je ferai.

L'enquête se termine le 29 décembre 2011.

Le Conseil Municipal donnera son avis à compter du 13 janvier 2012.

En tant que Premier Magistrat, je suis le garant d'une réflexion approfondie et objective mais aussi, le porte-parole du ressenti et des craintes des concitoyens.

Mon fil conducteur, c'est l'intérêt général qui doit bien-sur être partagé par la majorité.

C'est dans cet état d'esprit que je poursuivrai le dialogue et que, avec mon Conseil Municipal, nous émettrons un avis.

Dans les trois mois suivants l’avis du Commissaire Enquêteur, le Préfet prendra sa décision.

Je garderai le contact avec vous et vous tiendrai informés.

Je vous présente ainsi qu'à vos proches mes meilleurs vœux et je reste à votre disposition.

Votre dévoué,

Patrick ABATE

Maire

Tag(s) : #Actualités, #A Talange, #Mon engagement régional