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Elle devrait faire figure d’exemple et pourtant… L’aire d’accueil de Talange, première installée sur le département, n’empêche pas les campements sauvages. Explications…

 

La vingtaine de caravanes des gens du voyage, stationnées récemment en toute illégalité sur des terrains privés situés au niveau de la bretelle d’accès à l’autoroute A 4, irrite les maires de Marange-Silvange, Talange et Maizières-lès-Metz. Et pour cause…

 

«  Nous avons été les premiers en Moselle à créer une nouvelle aire d’accueil pour les gens du voyage dans le cadre du schéma départemental d’accueil, rappelle Patrick Abate, maire de Talange et président fondateur du SI3A (Syndicat intercommunal pour l’aménagement d’une aire d’accueil), créée en 2005 dans le cadre de la loi Besson. Quand les communes assurent leurs obligations, l’Etat doit s’assurer qu’elles ne subissent plus de telles nuisances. »

Le stationnement sauvage des gens du voyage y est, pourtant, fréquent. La situation un peu différente à Talange qui ne voit plus affluer les caravanes que sur la Zac du Nouveau Monde, aire d’accueil, dont la capacité est de 60 places réparties sur trois zones. En 2008, elle a accueilli 241 familles, soit 313 entrées, et totalise, jusqu’à présent, pour l’année en cours 256 familles et 289 entrées. »

 

« Première expérience intercommunale »

« Notre aire est aussi la première expérience intercommunale, poursuit l’élu talangeois. Nous avons été des bons élèves en obéissant à ce schéma départemental qui impose la création de telles aires pour les communes de plus de 5 000 habitants. Dans un pays civilisé comme le nôtre, nous devons être capables d’accueillir tout le monde tant dans un souci humanitaire que pour préserver l’ordre public.  Quant aux aires de grand passage, c’est un autre problème. »

Et pourtant, les élus du secteur sont à bout de nerfs. Cette aire d’accueil a été aménagée, en partie aux frais de leurs communes à hauteur d’1 million d’euros sur les 2.3 millions d’euros nécessaires à la réalisation. Quant aux frais de fonctionnement annuels, ils sont environ de 200 000 € supportées par ces trois communes.

Et Patrick Abate de renchérir : «  Mes collègues de Marange et Maizières sont embêtés car, là où la loi est respectée, l’Etat devrait être intransigeant et ne devrait pas tolérer ces stationnements sauvages. Et ce, d’autant que les conditions d’accueil sur l’aire sont correctes et le règlement assez strict. »

 

Gens-du-Voyage.jpg
 
Un règlement strict

En effet, l’accueil se fait 12 h sur 24, avec un système de gardiennage 24 h sur 24. «  C’est une structure sérieuse, tout le monde doit l’être… », précise l’ élu en rappelant que «  l’Etat est autorisé à inscrire d’office les dépenses, nécessaires à la création de ces aires d’accueil, dans les budgets des communes. Le préfet peut, donc, très bien se substi tuer aux communes récalcitrantes. » Et de poursuivre : « Tant que le schéma ne se mettra pas en place dans son ensemble, ça ne pourra pas fonctionner.

Il n’y aura jamais suffisamment de place ni d’aires d’accueil suf fisantes et les gens du voyage continueront à s’installer où ils le veulent. Pour le moment, ils sont incités à se mettre là où c’est gratuit. »

A Talange, le fonctionnement du lieu a été confié, par délégation, à la société GVD (Gens du voyage) qui a, déjà, en charge plusieurs aires du même type sur l’ensemble du territoire national.

 

3 € par jour et par caravane

Pour s’y stationner, il faut, notamment, décliner son identité ainsi que celle des membres de la famille, avoir ses papiers en règle, déposer une garantie de 80 € qui sera restituée au départ après un état des lieux. Par ailleurs, les occupants doivent payer un droit de 3 € par jour pendant deux mois maximum, renouvelable une fois dans l’année avec un minimum de trente jours entre deux séjours et s’acquitter, évidemment, des consommations d’eau et d’électricité.

«  Il est clair qu’il faut régler, au mieux possible, le problème de l’occupation sauvage, estime le président du SI3A. Si cette loi ne s’applique pas complètement et que les communes ne la respectent pas, nous sommes prêts à aller au tribunal administratif. » A suivre…

 

Delphine DEMATTE
Républicain Lorrain du 17 août 2010 
Tag(s) : #Mes projets sur Talange et le secteur

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