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Pour une meilleure lisibilité du texte, celui-ci est retranscrit plus bas sur cette même page.

Le vrai visage du FN au Sénat

Ils sont deux, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne brillent pas par leur présence. Stéphane Ravier et David Rachline, élus sénateurs sous l’étiquette Front national en septembre 2014, illustrent à eux deux l’incompétence et lesidées d’un parti quise dit être le premier parti de France. Retoursur leur « activité » parlementaire…

« Ils sont jeunes, fraîchement élus et incarnent le renouveau du Sénat », dixit Marine Le Pen à la sortie des élections sénatoriales de 2014. Force est de constater que ceux qui devaient « réveiller le Sénat » n’ont même pas réussi à y assurer une présence minimale! Ces deux parlementaires brillent en effet le plus souvent par leur absence. Ainsi, les deux sénateurs FN ont-ils été totalement absents du débat mené sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale pour 2016 et pour 2017 (une « paille » de 500 milliards d’euros!).

Ceux qui se disent volontiers les « représentants du peuple » ont donc validé par défaut les 7,5 milliards d’euros de coupes budgétaires imposées à l’Assurance Maladie et aux Hôpitaux, les 25 milliards d’exonérations des cotisations sociales accordées essentiellement aux grandes entreprises, la remise en cause de l’universalité des prestations familiales, l’amendement voté à l’époque par l’UMP et l’UDI-UC reportant à 69 ans l’âge de la retraite à taux plein, les difficultés rencontrées par les salarié(e)s et les associations d’aide à domicile et l’augmentation du taux de CSG pour 460000 retraités. Un comble pour ceux qui se présentent comme les défenseurs de « l’ouvrier français » et des « classes populaires »! De la même manière, M. Ravier et M. Rachline, s’ils siègent respectivement en Commission Culture et Éducation, et en Commission Aménagement du Territoire, n’y sont que rarement présents.

Or c’est dans les commissions que se dessinent les textes et que se mène le travail parlementaire. Ainsi quand les sénateurs les plus présents totalisent une centaine de séances de commission par an, le premier n’a été présent qu’à 16 commissions et 23 pour son collègue, sans jamais y intervenir! Un moyen probablement aussi pour le FN de ne pas étaler ses divisions et de masquerson propre projet antisocial, à l’inverse exact de sa communication électorale.

Lorsqu’ils sont présents, les deux élus s’illustrent par des propositions marquées du sceau de la ré- gression sociale. Récemment, lors de l’examen de la loi Travail (dite Loi ElKhomri), les parlementaires du Front national se sont fait remarquer en dé- posant des amendements, finalement retirés au dernier moment, visant à contourner les syndicats, à libéraliser le marché du travail, à supprimer le compte pénibilité, ou encore à réduire à « deux mois » la durée de la baisse des commandes ou du chiffre d’affaires qui permet de caractériser les difficultés économiques et autoriser ainsi les licenciements économiques.

Un programme franchement pas en phase avec les revendications des travailleurs et des syndicats dont ils se disent les défenseurs, ni avec les déclarations publiques des mêmes acteurs vilipendant devant la presse un projet faisant « énormément de mal aux plus fragiles de nos compatriotes » et « facilitant la vie aux très grandes entreprises et pénalisant encore plus les petites et moyennes entreprises ».

Sur l’année 2016, si l’on s’intéresse aux interventions faites par les deux sé- nateurs frontistes, elles se sont quasiment limitées aux débats sur l’état d’urgence, l’accueil des réfugiés, la lutte contre le terrorisme, l’asile et le droit des étrangers, avec toujours le même ressort : la division, la haine de l’autre et l’agitation des peurs, mais rien ou presque sur les droits des travailleurs, sur la lutte contre l’évasion fiscale ou le droit du travail. Nous aurions aimé au contraire les entendre nous expliquer comment ils concilient leurs postures sur la défense des services publics, des petites gens, des plus fragiles contre les puissants et la finance internationale quand le groupe FN au Parlement européen, et donc Marine Le Pen elle-même, a voté la directive sur le secret des affaires en avril dernier.

Derrière le vernis populiste, la vraie nature du FN ressort assez vite : défiance vis-à-vis des syndicats, volonté de réduire la dépense publique, accord de fond pour détricoter le droit du travail… Les amendements déposés et retirés in extremis par David Rachline sur la loi Travail allaient plus loin encore que la droite dans la régression sociale ! De même, les sénateurs FN, malgré leur soi-disant « patriotisme économique », sont restés muets sur la question des travailleurs détachés.

Seuls les sénateurs communistes ont proposé la suspension de la directive européenne qui permet ces détachements, non pas pour diviser plus encore les peuples et les travailleurs, mais pour protéger chacun et réduire les profits engendrés par ce dumping social! En conclusion, la stratégie du Front national est donc la suivante : faire croire qu’ils sont partout alors qu’ils ne sont nulle part. Le vrai programme du FN, c’est celui qui prône l’exclusion de l’étranger et plus géné- ralement qui blâme le pauvre, forcément coupable de son sort comme en attestent notamment les tentatives pour priver le Secours populaire de local à Hénin-Beaumont et dans d’autres villes gérées par le FN.

Cette tendance à la désinformation aura une importance dans les échéances électorales à venir, si l’on se fie à l’exemple récent des USA où une partie de l’électorat de Donald Trump s’est grandement nourri de ce genre de campagne de fausse communication. Il est de notre devoir de contrer ces campagnes de désinformation et d’encourager chacun à les dénoncer.

Tag(s) : #Au Sénat, #politique