Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Photo : Charly Triballeau / AFP

Photo : Charly Triballeau / AFP

En ce début d’été 2015, des filières agricoles entières sont les victimes de la dégradation rapide des prix d’achat des productions qui ne permettent plus aux agriculteurs de s’en sortir. Les mobilisations des éleveurs laitiers, allaitants et de porc sont légitimes.

La déréglementation des relations commerciales entre producteurs et distributeurs, la consécration du principe de libre négociation des conditions générales de vente, a ruiné les producteurs. La grande distribution maintient une pression à la baisse sur les prix d’achat, obligeant les producteurs à vendre bien en deçà de leurs coûts de production.

Comment peut-il en être autrement, alors que quatre grandes centrales concentrent désormais 93 % des achats ?


Cette situation de dépendance économique favorise les mauvaises pratiques alors que le problème de fond des agriculteurs est clairement identifié : l’absence de garantie d’un prix de vente rémunérateur pour leur production.


Voilà plusieurs années que les sénatrices et sénateurs du groupe CRC formulent des propositions qui permettraient d’encadrer réellement les pouvoirs exorbitants des distributeurs. Récemment, dans le cadre du projet de loi « Macron » ils ont déposés des amendements demandant l’instauration d’un coefficient multiplicateur élargi à tous les produits agricoles périssables ou encore l’autorisation pour les interprofessions à définir des prix minimum indicatifs dans le cadre d’une conférence biannuelle rassemblant les producteurs, les fournisseurs et les distributeurs, ainsi que l’ensemble des syndicats agricoles. Aucun n’a été retenu par le ministre et la droite majoritaire au Sénat n’en a voté aucun !

Pourtant, il est plus que jamais nécessaire de constituer un « filet de sécurité » pour une profession en détresse.  Il faut protéger le secteur agricole de la volatilité des marchés et aux appétits insatiables des grandes centrales d’achat. Il faut le soustraire aux logiques purement marchandes, à commencer, par le périmètre des négociations sur l’accord transatlantique de libre-échange.

Il faut le faire non pour protéger nos terroirs et nos filières agricoles, tout particulièrement l’élevage mais également pour assurer à nos concitoyens une alimentation saine et de qualité. C’est le sens d’une proposition de résolution que les sénatrices et sénateurs du groupe CRC déposeront dès la rentrée.

 

                        Paris, le 22 juillet 2015

Partager cet article

Repost 0