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Tribune publiée dans l'Humanité du 3 décembre 2014

Notre région a eu le triste privilège d’avoir été frappée de plein fouet par la désindustrialisation. Avec les récents événements de Florange et Gandrange, la question de la maîtrise publique de la sidérurgie a été portée non seulement par les salariés et les syndicats, mais aussi par d’autres acteurs locaux qui ont compris que l’avenir de ce secteur ne pouvait dépendre de la seule logique du marché et des décisions de conseils d’administration d’actionnaires avec comme seuls indicateurs la capitalisation boursière et le montant des dividendes. Personne ne conteste que la sidérurgie est un secteur clef dans le domaine industriel. Personne ne peut contester que, à un moment donné, lorsque les règles du marché ne sont pas capables d’assurer l’indépendance nationale, la cohérence industrielle et le maintien des qualifications et des savoir-faire, cela implique que l’État doive prendre ses responsabilités en nationalisant en tout ou en partie. 

 
La question qui se pose est celle de la forme que doit prendre cette nationalisation. Nationaliser juste pour passer le temps d’une élection ou juste pour régler superficiellement un problème social n’est pas pertinent. La nationalisation ou la maîtrise publique en tout ou en partie d’un secteur clef industriel passe d’abord par une définition claire de la stratégie qui la sous-tend. Elle ne peut être efficace si elle est uniquement déterminée dans les salons des actionnaires ou dans une optique de profits immédiats. Cette stratégie industrielle doit être discutée avec les salariés, avec les cadres de l’entreprise, avec les pouvoirs publics locaux, mais aussi nationaux et, également, dans une perspective européenne. C’est à cette condition que cette stratégie industrielle peut être portée par une nationalisation partielle ou totale. La prise de participation ne peut être considérée comme une fin en soi. Nous l’avons expérimentée en région Lorraine avec la nationalisation de la sidérurgie à une certaine époque. Il manquait justement à cette perspective une stratégie forte, élaborée et mise en œuvre de manière intelligente. 
 
Une menace «purement scandaleuse». « Toute notre société est fondée sur 
ce principe essentiel qui est celui 
du droit de propriété », déclarait Laurence Parisot, présidente du Medef, au lendemain de l’annonce de la possible nationalisation du site d’ArcelorMittal de Florange en 
novembre 2012. « Ébranler ce principe… c’est très grave. » Le « droit de propriété » de leur travail par les travailleurs excepté, bien entendu.
 
Tag(s) : #Actualités