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Il y a une contradiction par nature entre les orientations incontestablement libérales prises par ce gouvernement et l’aspiration naturelle de nos concitoyens à une vie meilleure. C’est cet espoir d’une vie meilleure, d’une plus juste répartition des richesses et de progrès sociaux que les français ont exprimés majoritairement en 2012 à l’occasion des élections présidentielles.

 

Certes, la situation est difficile.

Certes, il est démagogique et populiste de faire croire à des résultats immédiats en prônant le coup de baguette magique que serait l’isolement économique ou la criminelle responsabilité de certains boucs émissaires dont il suffirait de se débarrasser.

Certes, l’héritage de 2012 est un handicap. Le retour de Sarkozy ne peut pas le faire oublier. Au contraire…

 

Mais quelque-soit la difficulté et le contexte, quelque-soit la forme et le calendrier de son action, rien n’exonère un responsable politique des engagements et des convictions pour lesquelles les citoyens lui ont fait confiance.

 

Bien-sûr, il faut réformer…bien sûr, cela peut contrarier…bien-sûr, un gouvernement doit assumer… Le problème, ce n’est pas de réformer. C’est réformer quoi et comment !?

Réformer le financement de la Dépense Publique afin qu’elle ne dépende plus des marchés financiers mais qu’elle dépende de la Banque Centrale. Ce que les USA ou la Grande-Bretagne ont fait en ce sens ne serait-il pas à la portée de l’Europe si sa deuxième puissance économique, la France, ne renonçait pas si vite à le faire valoir ?

Refuser la nocive soumission aux sacro saintes règles de Maastricht…cela devient urgent alors que se profile le risque de désinflation. Renoncer à considérer comme non négociable le remboursement des créanciers du marché financier et les banques privées…qui se sont suffisamment gavés sur le compte des Etats.

L’urgence c’est la relance par le pouvoir d’achat et les investissement publics ; les investissements des collectivités locales en particulier. Elles participent à plus de 70% de l’investissement non dé localisable en France.La diminution de leurs dotations est improductive.

Réformer notre système fiscal et social pour retrouver les équilibres budgétaires.

Va-t-on faire la chasse aux chômeurs ou va-t-on s’attaquer à l’évasion fiscale et aux impayés de cotisations patronales qui grèvent de plus de 100 Milliards annuels les comptes publics ?

Réformer l’aide aux entreprises…les aimer, bien-sûr, mais quand elles innovent, quand elles créent des emplois qualifiés et correctement rémunérés, quand elles réinvestissent leurs dividendes.

Le Pacte de responsabilité ne profite-t-il pas aujourd’hui principalement à La Poste, aux Banques et aux entreprises du CAC 40 ?

Réformer notre organisation territoriale afin de supprimer les doublons, de donner plus de force à la proximité, plus de moyens et des compétences clarifiées aux Régions et aux Regroupements de Communes tout en prenant le plus grand soin de ces pierres précieuses de notre République que sont ses 36 500 communes et cette armée citoyenne de plus de 500 000 Conseillers Municipaux quasiment tous complètement bénévoles.

La réforme territoriale telle qu’elle a été engagée à partir de la cartographie des régions de France permettra-t-elle vraiment de mettre en œuvre les changements nécessaires ?

Qu’on le veuille ou pas, le débat se passionne sur le sujet de la taille et du regroupement des Régions.

C’est, pour le moins, dommage. Il faut le recentrer sur le partage des compétences et des moyens dévolus à chaque collectivité territoriale pour qu’elles puissent assurer plus efficacement leurs missions d’intérêt général.

 

Je suis persuadé que nos concitoyens sont prêts pour des réformes.

Je suis persuadé que les forces politiques du Parti Socialiste au Parti Communiste, des écologistes au Parti de Gauche sont prêts à les porter. Il parait même qu’un grand nombre de nos concitoyens sont prêts à des sacrifices…

Mais je pense qu’on ne peut pas promettre aux plus fragiles et aux plus modestes de nos chômeurs, de nos jeunes, de nos salariés et de nos entrepreneurs « des larmes, de la sueur et du sang » comme conditions d’un avenir meilleur si ces sacrifices ne sont pas partagés et si cet avenir n’est pas fondamentalement celui d’une société plus juste et plus généreuse.

Notre société est en mouvement. Elle est secouée par les progrès techniques et par la mondialisation. Mais pour autant elle ne peut pas tourner le dos à « l’Humain d’abord ».

Il est « toujours fécond le ventre d’où naquit la bête immonde ».

La désespérance et l’exclusion, le chômage et la précarité constituent le terreau de tous les extrémismes. Le Front National s’en régale.

 

La soumission actuelle du gouvernement aux idées libérales et à la pensée dominante me désole.

Je ne désespère pourtant pas.

Tous les jours, sur le terrain dans ma Commune à Talange et en Région Lorraine avec mes collègues socialistes et écologistes nous déclinons nos responsabilités avec comme seul cap l’intérêt du territoire et de nos concitoyens. Les difficultés ne nous éloignent pas de nos engagements, de notre devoir de proximité et de nos convictions républicaines.

 

Je souhaite au gouvernement Valls de réussir. Personne n’a intérêt à l’échec.

Je lui souhaite donc de retrouver la boussole de « l’ESPRIT DE PHILADELPHIE »…. Ce n’est même pas, de loin, une insulte au libéralisme.

C’est une condition sine qua none de réussite.

Tag(s) : #Actualités

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